L’Agence nationale du Sport se prépare pour Tokyo 2020

Frédéric Sanaur, directeur général de l'Agence nationale du sport, a répondu aux questions de Tokyo 2020 sur la stratégie sportive en vue des prochains JO.
Frédéric Sanaur, directeur général de l'Agence nationale du sport, a répondu aux questions de Tokyo 2020 sur la stratégie sportive en vue des prochains JO.

L’organisation créée en 2019 pour restructurer le sport français et notamment la haute performance apporte un soutien supplémentaire aux sportifs et fédérations en vue de Tokyo 2020, Pékin 2022 et Paris 2024, et installera une maison de la performance à proximité du village olympique à Tokyo.

« Optimiser les financements du sport français, sur le haut niveau et le sport pour tous ». C’est le but de l’Agence nationale du Sport, expliqué par son directeur général Frédéric Sanaur. Créée il y a 18 mois, cette organisation vient de dévoiler son programme Ambition bleue. Un projet qui vise à « accompagner les athlètes pour réussir les Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo 2020, Pékin 2022 mais également à rénover le sport de haut niveau en France, tourné vers Paris 2024. » 

L’objectif fixé pour les Jeux Olympiques de Paris 2024 est d’atteindre le top 5 des nations au tableau des médailles et le top 8 pour les Jeux Paralympiques. À titre de comparaison, la France a terminé 7e aux JO 2016 et 12e aux Jeux Paralympiques.

Accompagnement financier aux athlètes 

Pour Tokyo 2020, pas de chiffres précis car les Jeux sont trop proches de la création du programme, mais les objectifs de performance sont bien réels. D'ores et déjà, plus de 2700 sportifs de haut niveau perçoivent une aide financière personnalisée provenant de l’Agence nationale du Sport. L’enveloppe totale allouée à ce programme était de 9,5 millions d’euros, elle est désormais de 12 millions d’euros. Selon les athlètes, cet apport financier peut varier de quelques milliers d’euros annuels à 25 000 € annuels, attribué en fonction de critères de performance.

Favoriser l’insertion professionnelle

En plus d’un soutien financier, les athlètes pourront bénéficier d’accompagnement dans leur projet professionnel. L’Agence a ciblé deux catégories d’athlètes : les athlètes de haut niveau, qui « visent l’accès à l’élite internationale ayant besoin d’une organisation autour d’un parcours sportif et de formation/d’insertion professionnelle » et les athlètes faisant partie du « cercle haute performance, visant l’accès à la médaille mondiale et pour qui le projet sportif est prioritaire. »

Pour les premiers, l’Agence offre un service d’accompagnement afin de faciliter leur insertion professionnelle, notamment auprès de leur club. Le tout pour « sécuriser davantage leur préparation et leur insertion et reconversion professionnelle, mais aussi [pour] apporter des aides humaines aux clubs », détaille Frédéric Sanaur. Un soutien spécifique qui sera destiné à « près de 350 athlètes et qui sera mis en œuvre dès le début de l’année 2021. »

Les athlètes « haute performance », dont le département est dirigé par Claude Onesta, ancien sélectionneur de l’équipe de France de Handball (2001-2016) qui a remporté deux titres olympiques à Londres 2012 et Rio 2016, seront davantage accompagnés autour de leur parcours professionnel sportif et suivis après leur carrière pour une meilleure reconversion.

Une bulle France aux JO de Tokyo 2020

Afin de permettre aux athlètes d’optimiser leurs résultats lors des Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo 2020, l’Agence nationale du Sport a prévu d’installer une Maison de la performance, située à environ 5 km du village olympique, au sein de l’Université de Shibaura. Si les conditions sanitaires le permettent, athlètes et encadrants pourront bénéficier d’espaces privés pour préparer leurs compétitions, avant et pendant les Jeux.

« La Maison de la performance s’inscrit dans le but d’avoir une « bulle France » au sein de l’environnement olympique et paralympique », détaille Frédéric Sanaur. « Elle offrira des services premiums aux athlètes comme de la musculation, de la kinésithérapie, des massages et du visionnage de vidéos entre un coach et son athlète. »

Des services similaires seront disponibles au sein du village olympique et paralympique, mais ils seront partagés entre plusieurs milliers d’athlètes. Le but ici est de permettre aux athlètes d’être le plus serein possible pour être le plus compétitif possible.

« Cette bulle est particulièrement attendue et demandée par les athlètes, les encadrants et les fédérations », ajoute le DG de l’Agence.

Des initiatives pensées et mises en œuvre dans un but commun : travailler sur les détails qui permettent de passer d’un très bon niveau mondial à l’excellence.

« Notre objectif, c’est d’apporter des nouvelles solutions aux sportifs et à leur encadrement pour optimiser la performance, et chercher ces millièmes de secondes, ces quelques centimètres qui séparent une médaille d’argent d’une médaille d’or », conclut-il.