À la rencontre de Rami Anis - athlète réfugié détenteur de la bourse du CIO

Le nageur de l’équipe olympique des réfugiés Rami Anis s’entraîne dans le Centre aquatique olympique des Jeux de Rio 2016.
Le nageur de l’équipe olympique des réfugiés Rami Anis s’entraîne dans le Centre aquatique olympique des Jeux de Rio 2016.

Anis, réfugié syrien, faisait partie de la première équipe olympique des réfugiés à Rio 2016. Aujourd’hui, le nageur spécialiste du papillon espère participer à Tokyo 2020.

Rami Anis est prêt à participer à ses deuxièmes Jeux Olympiques à Tokyo après avoir rejoint la première équipe olympique des réfugiés à Rio en 2016.

Le nageur a représenté la Syrie aux Championnats du monde de 2009 et de 2011, avant de fuir le pays en raison des bombes qui pleuvaient sur sa ville natale d'Alep.

Il a emporté un petit sac avec lui à Istanbul, où il a rejoint son frère aîné, pensant qu’il serait de retour en Syrie au bout de quelques semaines. Près de dix ans plus tard, il n’y est toujours pas retourné.

« Ma vie en Syrie était très belle. J'avais beaucoup d'amis, j'ai représenté mon pays à de nombreuses reprises. Mais depuis que la guerre a éclaté, tout a changé », confiait Anis à Olympic Channel en juillet 2019.

« Quand j'ai quitté mon pays, je pensais que la guerre s'arrêterait au bout de deux ou trois mois ... »

Même encore maintenant, son rêve est de rentrer chez lui et de représenter la Syrie aux Jeux Olympiques.

« Je souhaite du fond du cœur retourner dans mon pays, représenter à nouveau mon équipe, emporter mon drapeau avec moi et nager avec mes amis là-bas. »

Rami Anis : athlète réfugié détenteur de la bourse du CIO

À défaut d’avoir la nationalité turque, Anis ne pouvait nager en compétition dans sa nouvelle terre d’accueil. Lui et son frère se sont ensuite lancés dans un périlleux voyage à bord d’un canot pneumatique, atteignant l'île grecque de Samos en 2015 avant de se rendre par voie terrestre en Belgique.

En février 2016, il a commencé à s'entraîner au Royal Ghent Swimming Club. Puis il a été sélectionné dans l'équipe olympique des réfugiés.

Le spécialiste du papillon admet avoir des sentiments mitigés quant au fait de se tenir derrière le drapeau olympique plutôt que de porter celui de sa patrie.

« C'est très dur de représenter une autre équipe, un autre pays. Ça n’a pas été facile de porter un autre drapeau. »

« En même temps, j'étais très fier de représenter plus de 65 millions de réfugiés à travers le monde, pour montrer que, oui, nous avons des rêves, beaucoup de choses que nous voulons faire. Nous sommes des êtres humains. »

Bien qu'il ait terminé dernier du 100 m papillon, Anis a établi un nouveau record personnel en 56,23 s. Il a aussi signé le meilleur temps de sa carrière en 54,25 s lors de l’épreuve du 100 m nage libre.

Hors de la piscine, il a rencontré certains de ses héros, comme la légende de tennis Rafael Nadal, à côté de qui il a mangé dans le village des athlètes. Mais il a dû attendre les Laureus World Sports Awards 2017 pour obtenir ce qu'il souhaitait le plus.

« Michael Phelps est mon idole. Quand j'étais jeune, je regardais toujours ses vidéos. Je voulais faire un selfie avec lui mais il était stressé à cause de ses épreuves. Mais plus tard, après les Jeux Olympiques, j’ai pu me prendre en photo avec lui. »

Après Rio, Anis est retourné vivre à Istanbul où il s'entraîne avec Ömür Sönmez.

En tant qu’athlète réfugié boursier, le nageur de 30 ans peut désormais participer aux compétitions internationales. Lors des Championnats du monde 2017 à Budapest, il a réalisé son meilleur temps sur le 100 m papillon en 55,66 s.

Et il compte aller plus loin à Tokyo : « Je veux faire quelque chose de grand, pas seulement ériger mon record personnel. Je vais voir ce que je peux faire. »